REVUE DE PRESSE

Terrorisme : le plan du gouvernement pour protéger l’école

Par Christel Brigaudeau
Le Parisien (24/08/2016)

Najat Vallaud-Belkacem et Bernard Cazeneuve détaillent ce mercredi matin leur plan pour sécuriser les établissements.

Une ministre de l’Education nationale debout aux côtés de son homologue de l’Intérieur pour sa première intervention de rentrée : le symbole est appuyé. Et l’image comptera autant, si ce n’est plus, que les mots dans cette conférence de presse sur la sécurité des établissements scolaires, organisée ce matin autour de Najat Vallaud-Belkacem, Bernard Cazeneuve et Stéphane Le Foll, présent en tant que ministre de tutelle des lycées agricoles.

La menace contre l’institution scolaire est connue. Elle a été clairement annoncée par Daech, juste après les attentats du 13 Novembre, dans son magazine de propagande en français, « Dar al-Islam », qui appelait au combat contre une école républicaine présentée comme « l’antichambre de l’Enfer ». Après un été endeuillé par les attaques sur la promenade des Anglais à Nice, et dans une église à Saint-Etienne-du-Rouvray, le gouvernement entend rassurer les parents des 12,2 millions d’élèves qui reprendront le chemin des cours dans une semaine. Son plan s’articule autour de « trois mots d’ordre », précise une source ministérielle : « Anticiper, sécuriser, savoir réagir. »

Les mesures, elles, sont déjà connues : une circulaire, diffusée au milieu des vacances, le 29 juillet, aux préfets et à tous les établissements scolaires, a ajouté une batterie de recommandations à celles déjà égrenées après les attentats du 13 Novembre. La formation des chefs d’établissement à la gestion de crise lors de stages de cinq jours dans des centres de formation de la gendarmerie va être renforcée, de même que la collaboration entre les équipes éducatives et les forces de l’ordre, appelées à offrir leur expertise pour mettre au point des programmes de mise en sécurité des élèves, en cas de menace.

« Il s’agit de rabâcher les recommandations de bon sens », souligne un policier. « La répétition de petites choses finit par engendrer des automatismes, permettant ainsi de limiter l’effet de panique », ajoute un bon connaisseur du dossier.

Ces gestes simples vont du changement régulier des codes d’accès des écoles à la mise sur la fonction vibreur de son téléphone mobile en cas d’alerte, en passant par le refus d’une livraison qui n’aurait pas été signalée à l’avance. Les collectivités locales, qui ont en charge les bâtiments scolaires, ont aussi réalisé des travaux de sécurisation. À Paris, la mairie a installé 320 visiophones, la région Ile-de-France a doublé son budget consacré à la sécurité des lycées.

Le plan du gouvernement pour protéger l'école

«Roi du silence» pour les petits

La simulation d’une attaque terroriste devient obligatoire dans toutes les classes, y compris pour les 3-6 ans. Mais, en ce qui concerne les jeunes enfants, pour lesquels la frontière entre les paroles et les faits n’est pas toujours nette, l’Education nationale a prévu d’adapter le programme. Elle va distribuer en maternelle une fiche pédagogique qui explique comment transformer l’exercice de sécurité… en un jeu, baptisé « le roi du silence ». Cette précaution répond aux inquiétudes qu’ont fait remonter les syndicats d’enseignants. « La sécurité doit d’abord être une affaire d’adultes, ce n’est pas une bonne chose de les mettre dans une situation de peur », estime Francette Popineau, porte-parole du Snuipp-FSU. Reste que « les enfants savent ce qui se passe et il est important de mettre des mots sur ce que l’on fait », fait valoir Isabelle Rocca, qui préside la fédération de parents d’élèves FCPE de Paris. Elle souhaite que les exercices de simulation « soient réalisés partout, mais accompagnés par un psychologue, quand l’enseignant l’estime nécessaire ».

Source : Le Parisien

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