Muslimosphère et Antisémitisme

03 juin

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by SPCJ
Muslimosphère et Antisémitisme

Par Noam Ohana

L’émergence de nouvelles voix dans la communauté musulmane aurait pu être une excellente nouvelle pour la lutte contre l’antisémitisme. Hélas, un examen attentif montre que la grande majorité de la muslimosphère a développé une obsession morbide pour les « sionistes » et contribue à exciter les passions antisémites sur les réseaux sociaux. Cet état de fait est d’autant plus déplorable que ces voix prétendent défendre les libertés et la dignité d’une minorité souvent victime de discrimination (les musulmans de France) mais ne voit aucune contradiction entre cette mission et leurs efforts pour exciter le sentiment antisémite au sein de leur communauté.

Ces humanitaires d’un nouveau genre semblent déterminés à mener de front la lutte contre l’islamophobie et la promotion de l’antisémitisme. On ne peut pas comprendre la force grandissante du sentiment antisémite dans la communauté musulmane et dans les banlieues sans se pencher sur le travail de fond qu’ils mènent, et qui consiste à dissimuler un antisémitisme viscéral derrière un antisionisme de façade.

Sihamedi Idriss, le tristement célèbre fondateur de Baraka City, plus grande ONG islamique de France, a ouvert l’année avec une sortie mémorable. Invité sur une émission de Canal+ notre jeune humanitaire s’est refusé à condamner l’Etat Islamique. Pressé de clarifier sa position par les journalistes il répond :

« Si il y aurait [sic] par exemple le Grand Rabbin de Paris qui serait [sic] présent est-ce que vous lui auriez demandé s’il aurait [sic] condamné les bombardements qu’il y a eus à Gaza ».

Lorsqu’on lui demande s’il serre la main aux femmes il répond avec la même finesse que non, « comme les Rabbins ».

L’absurdité des réponses laisse sans voix mais elle se résume assez bien ainsi : « Et les Juifs alors ?! »

Marwan Muhammad, le très médiatique Directeur du CCIF aime comparer les jeunes musulmans Français qui rejoignent l’Etat Islamique et les jeunes juifs Français qui s’engagent dans l’armée Israélienne. En dehors de l’ineptie de la comparaison entre ISIS et Tsahal, il semble que personne n’ait pris le temps d’expliquer à M. Muhammad qu’on n’a pas beaucoup d’exemples de jeunes Juifs français qui sont revenus de Tel-Aviv pour, dans le désordre : massacrer des civils à la Kalachnikov en plein Paris ; égorger un prêtre en prière ou des policiers à leur domicile ; écraser des badauds un soir de fête avec un semi-remorque ; assassiner des enfants d’une balle dans la tête à la sortie d’une école confessionnelle ; tuer de pauvres gens venus faire leurs courses dans une supérette ou encore éliminer une dizaine de journalistes en pleine conférence de rédaction. « Et les Juifs » disiez-vous ?

L’une des batailles les plus indignes et les plus révélatrices de M. Muhammad et du CCIF est probablement la défense de Mr. Abdel Fattah Rahhaoui et de son école « Al-Badr » à Toulouse. M. Rahhaoui a produit une vidéo disponible sur YouTube qui résume assez bien son projet pédagogique et qui s’intitule « Pourquoi les juifs sont si puissants et les musulmans si impuissants ». Sous couvert de faire la promotion de l’instruction, M. Rahhaoui se lance dans un parallèle nauséabond entre les prouesses des scientifiques et hommes d’affaires juifs et la supposée médiocrité des musulmans. La vidéo conclue que, pour renverser cette fâcheuse tendance, il faut financer son école primaire musulmane à Toulouse.

Marwan Muhammad aurait également pu (dû ?) s’inquiéter du fait que M. Rahhaoui était le mentor de Souad Merah, la sœur du terroriste Mohammed Merah. Souad, qui a rejoint ISIS en Syrie il y a deux ans, a toujours exprimé sa fierté pour son frère et pour ses actes (le meurtre de trois enfants juifs de 3, 5 et 8 ans, d’un rabbin et de 3 soldats français). M. Rahhaoui a toujours défendu « une femme d’une grande humanité, qui ne supporte pas les injustices. Elle est engagée pour la cause palestinienne et je suis d’accord avec beaucoup de ses engagements ». Difficile à défendre pour une association qui se présente comme défendant les droits humains ? Pas pour le CCIF.

Et il y a Nabil Ennasri, porte-flingue du Qatar en France et Président du Collectif des Musulmans Français. Il est l’une des personnalités les plus visibles dans la lutte contre l’islamophobie mais pour un humanitaire, il a des positions atypiques. On se souvient qu’Ennasri n’avait attendu qu’une semaine après la neutralisation de Mohammed Merah pour publier un article conspirationniste qui suggérait une manipulation du Mossad et des services Français. 

Ennasri a également célébré sur sa page Facebook l’anniversaire de la mort d’Abdelaziz Rantissi, ancien chef du Hamas directement responsable de la mort de centaines de civils israéliens pendant la deuxième Intifada. L’un des attentats les plus odieux commandité par Rantissi est celui commis dans la caféteria de l’Université Hébraïque de Jérusalem. La vidéo d’un Rantissi exultant en direct sur Al-Jazeera après le meurtre de 9 étudiants dont un jeune Français (David Gritz) est encore visible sur internet. Rantissi a le mérite d’être clair dans sa revendication : il se réjouit d’avoir éliminé, non pas des sionistes, mais bien des Juifs.

Ennasri pense, tout comme Rantissi, que ceux qui tuent des civils juifs sont « sincères dans leur engagement envers Allah » pour reprendre sa formule. Il multiplie dans son post les formules religieuses pour rendre hommage à ce tueur d’étudiants, appelle les Musulmans de France à « ne jamais l’oublier », et Dieu à avoir son âme en miséricorde.

L’apologie du terrorisme d’Ennasri lui avait causé quelques ennuis et des membres éminents de la muslimosphère (dont Marwan Muhammad) avaient volé à son secours en publiant un texte. Parmi les signataires, on retrouve son camarade du Collectif des Musulmans de France Sofiane Meziani qui, lui aussi, aime faire l’éloge des héros antisémites. Voici ce qu’il avait à dire au lendemain du décès du négationniste Roger Garaudy sur Twitter :

« Un grand homme est mort hier. Paix à l’âme du philosophe Roger Garaudy. »

De Rantissi à Garaudy en passant par Ennasri, la boucle est bouclée.

Houria Bouteldja, porte-parole du Parti des Indigènes de la République, ne fait que peu d’efforts pour cacher son obsession mortifère pour les Juifs de France derrière de l’antisionisme. Dans son sordide monologue intitulé « Je suis Mohammed Merah » mis en ligne moins de deux semaines après l’attentat, elle s’identifie au tueur. Une seule concession : elle dit ne pas approuver le meurtre des enfants juifs et du Rabbin « parce que tous les Juifs ne sont pas sionistes ». Etant donné qu’ils ont tous été enterrés à Jérusalem, on peut en déduire que Bouteldja approuve parfaitement le meurtre de ces enfants-sionistes.

Ces voix ne représentent pas aujourd’hui la majorité des musulmans de France mais ont une influence grandissante puisque des dizaines de milliers de jeunes musulmans français sont exposés à ce poison au quotidien. Tous ces « intellectuels » de la muslimosphère rejettent à raison les efforts de certains qui cherchent des « arabes de service », de « bons petits musulmans », qui boivent du pinard et crachent sur le prophète. Mais eux-mêmes n’ont aucun problème à chercher leurs « bons juifs », ces juifs imaginaires qui crachent sur l’État d’Israël et se promènent avec des keffiehs palestiniens. Ces musulmans et ces juifs hérétiques existent (et tant mieux) mais ils ne représentent qu’eux-mêmes et les mettre en avant est une perte de temps pour tout le monde.

Il reste à espérer que d’autres voix s’élèveront dans la communauté musulmane. Il ne faut pas attendre de ces voix qu’elles soient « philosémites » ou même « pro-Israël », juste qu’elles se débarrassent de cette haine ancestrale qui continue à tuer des Juifs dans les caves de banlieue, à la sortie des écoles ou dans les supermarchés.

Noam Ohana est essayiste.